Le serverless ou toujours plus de transparence (mais pas forcément dans le sens où vous l’entendez…)

La troisième tendance est celle du “serverless”. Comme la bataille entre les acteurs du cloud s’intensifie, ces derniers fourbissent leurs armes pour prendre un avantage décisif au moment-clé, c’est-à-dire cette année. En effet, c’est cette année que la bascule vers le cloud va apparaitre comme étant un fait acquis. Par exemple, du côté des éditeurs de logiciels, la bascule est massive et il n’y a presque plus d’acteurs qui proposent ses solutions à installer sur votre site, à l’ancienne serait-on tenté d’écrire… Donc, dans ce contexte de concurrence exacerbée, tous les arguments sont importants et réduire la complexité de l’administration des services cloud peut s’avérer être un gros avantage.

Il faut s’être penché une fois sur la console AWS, avoir configuré un service “Glacier” (ou un autre de la large panoplie AWS) pour se rendre compte que tout cela demandait certaines compétences ou, au moins, une certaine habitude… C’est cette tendance “serverless” qui entend changer le fonctionnement actuel. Par exemple, vous n’aurez plus à dimensionner par avance le nombre d’instances nécessaires pour tel ou tel processus, le service sous-jacent va automatiquement requérir l’infrastructure nécessaire et s’occuper de l’équilibre de la charge en cas de pointe d’activité. Voilà, par exemple, ce qu’en dit Amazon à propos de son service “Lambda” :

AWS Lambda vous permet d’exécuter du code sans avoir à mettre en service ou gérer des serveurs. Vous payez uniquement pour le temps de calcul consommé, il n’y a aucun frais lorsque votre code n’est pas exécuté.

Avec Lambda, vous pouvez exécuter du code pour pratiquement n’importe quel type d’application ou service dorsal (back-end), sans aucune tâche administrative. Il vous suffit de charger votre code : Lambda fait le nécessaire pour l’exécuter et le dimensionner en assurant une haute disponibilité. Vous pouvez configurer votre code de sorte qu’il se déclenche automatiquement depuis d’autres services AWS, ou l’appeler directement à partir de n’importe quelle application Web ou mobile.

Bien entendu, ce progrès utile se paye. Il représente un pas de plus vers l’argument déresponsabilisant : “ne vous en faites pas, on s’occupe de tout, automatiquement de surcroit”. Le cloud devient de plus en plus invisible pour l’administrateur, mais, si c’est une bonne chose dans certains cas, est-ce vraiment ce que l’on veut sur le long terme ?

Or, on vient justement de voir que le côté opaque du cloud et l’abandon de responsabilité technique était un des sujets que les clients souhaitaient désormais (légitimement) aborder (et reprendre en main).

Une évolution certaine vers le cloud ? Oui, mais lente.

L’évolution vers un usage toujours plus progressif du cloud est bien engagée et va s’intensifier, mais peut-être pas aussi vite que ne le disent les acteurs du marché et les médias. La réalité est que le budget représente encore et toujours le facteur limitatif.

Justement, du côté du “nerf de la guerre”, il faut se rappeler que les DSI ne peuvent consacrer que 10 à 20% de leur budget à des initiatives innovantes ou à des grandes migrations structurelles. Le reste (souvent au moins 80% des “dépenses de fonctionnement” qui, finalement, portent bien leur nom !) sert tout simplement à “garder les lumières allumées” selon l’expression consacrée. On peut même parler de “dette technique” qu’il faut rembourser souvent sur plusieurs années. Et ceci représente un frein bien réel à l’accélération de la tendance “tout sur le cloud”, quelle que soit la séduction qu’elle exerce.

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