freelancing

Depuis quelques mois, nous voyons apparaître une multitude de plateformes évoluant autour du freelancing et du « jobbing ». Il est vrai que le modèle du freelancing ne cesse d’attirer les indépendants et les entreprises car il offre de réels avantages pour les deux parties. Renforcé par un environnement macro-économique en pleine mutation du fait de la digitalisation/tertiarisation de l’économie, de la recrudescence du travail indépendant, de l’essor du « jobbing » et de la « gig economy » (économie des petits boulots), des aspirations professionnelles changeantes des nouvelles générations, le modèle du freelancing s’est inscrit durablement sur le marché du travail. C’est dans ces ce contexte que des plateformes et des opérateurs Marketplace sont apparus depuis quelques mois avec pour objectif principal la conquête et la fidélisation de freelances. Cependant, nous pouvons nous demander si le freelancing est-il le nouvel Eldorado pour les nouveaux entrants, allons-nous vivre une « ubérisation » du marché du travail ou bien est-ce que le modèle n’est-il pas tout simplement une « chimère » qui sera accompagnée de son lot de désillusions ? Voici quelques éléments de réponses.

Que signifie être freelance ?

Le terme freelance est fréquemment employé pour désigner toute personne qui exerce une activité professionnelle de manière indépendante. En qualité de travailleur indépendant, le freelance effectue des missions à durée déterminée, contre rémunération, pour le compte de clients. Ce travailleur autonome n’est donc pas lié à son employeur par un contrat de travail (CDI ou CDD) mais bel et bien par des contrats de missions. Notamment, en France, pour exercer en tant que freelance, il est nécessaire d’être enregistré comme entreprise à part entière (ex : entreprise individuelle ou EURL). Face à la montée du phénomène, les pouvoirs publics ont entrepris une série de mesures visant à simplifier les démarches administratives, ce qui a eu pour conséquence directe de rendre le modèle encore plus attractif.

Nous pouvons trouver des freelances dans de nombreux domaines d’activités. Ceux-ci, sont parfois très bien représentés voire surreprésentés au sein de certaines professions (notamment journalistes, traducteurs, photographes, formateurs, livreurs, consulting etc.).

Le nombre de freelances en France

Tous les acteurs de l’écosystème communiquent sur une explosion du nombre de travailleurs indépendants depuis une dizaine d’années. Cependant dans les faits, il est difficile d’évaluer précisément le nombre de freelances en France. Selon l’étude récente de Xerfi concernant Les plateformes de freelances et de jobbing, le nombre de freelances en France se situerait autour de 850 000 personnes en 2017 dont environ 500 000 concernant les services aux entreprises. La progression ces 3 dernières années serait exponentielle même si cela reste un épiphénomène sur le marché du travail.

Les difficultés dans le calcul du nombre de freelances résident non seulement dans la dichotomie entre travailleur indépendant et freelance mais également dans un recensement de freelances relativement complexes.

Selon certaines études, le nombre de freelances serait beaucoup plus élevé en Angleterre ou aux Etats-Unis. Certains observateurs pensent que la part du nombre de freelances n’atteindrait pas moins de 35% de la population active. Ce chiffre serait cependant trompeur et valorisé à la hausse car il engloberait une multitudes d’indépendants très éloignés des véritables freelancers (ex : propriétaires-exploitants, jobbers, artisans etc.).

Pourquoi devenir freelance ?

L’indépendance, la liberté ainsi que l’autonomie constituent les principaux leitmotiv d’un freelancer.  Ces maîtres-mots sont fréquemment plébiscités lors des nombreuses études réalisées sur le sujet. Il est vrai qu’en faisant le choix de devenir indépendant, le freelance devient son propre patron et peut ainsi aménager son temps de travail, choisir son lieu de travail et sélectionner les missions que celui-ci souhaite effectuer. De plus, les freelances les plus aguerris savent qu’il leur est possible de percevoir une rémunération supérieure à celui du modèle salarial.

En optant pour ce choix de carrière, le freelancer se doit d’être conscient des enjeux mais également des risques encourus : à savoir, périodes d’inter-contrat rimant avec non-rémunération, absence de formation professionnelle en continu, couverture sociale à prévoir, prospection à effectuer soi-même …

Des plateformes qui favorisent le freelancing

Elles s’appellent Malt, Comet, Yoss ou encore Needle, les plateformes de freelances fleurissent depuis quelques mois. Ces plateformes multi-faces assimilées à des Marketplace, créées de l’intermédiation entre les freelances et les entreprises. Ces nouveaux opérateurs généralistes ou spécialistes (ex : Data, développement informatique) tentent d’attirer un maximum de freelancers sur leurs plateformes.  La course à la taille critique (en nombre de freelances) est très importante pour attirer les clients et ainsi proposer des missions attractives aux freelances.

Les algorithmes des plateformes tentent d’automatiser le « matching » entre les clients et les freelances, même si l’opérateur reste un acteur important pour la transformation. De plus, elles soulèvent de nombreux freins auprès des freelances en permettant de réaliser des transactions sur un cadre légal, transparent et sécurisé. Les promesses de certaines plateformes sont parfois même innovantes voire alléchantes dans le but d’attirer les travailleurs indépendants. Par exemple, certains opérateurs, portent ainsi le risque de trésorerie en proposant le paiement à 30 jours à un freelance ce qui lui permet de bénéficier plus rapidement de sa rémunération liée à une mission qui a transité via la plateforme. Ces acteurs tiers de confiance favorisent donc grandement le développement du freelancing en France et pourraient même « uberiser » certaines secteurs d’activités.

A noter par ailleurs qu’il existe de nombreuses acteurs intermédiaires (SSII, agences, cabinets de consulting etc.) qui sous-traitent leurs missions avec des freelances auprès de leurs clients. Ces acteurs permettent donc aux freelances de « déléguer » leur activité de prospection moyennant une marge sur leurs taux journaliers moyens (TJM). Les plateformes ont pour objectif, à terme, de supprimer cette intermédiation pour être les « acteurs facilitateurs » de mise en relation entre freelances et clients.

 

Alexandre Onufryk – Managing Consultant

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