Si au départ le terme de MVP appartenait au cercle particulier des startups de la Silicon Valley, le concept est désormais présent dans les entreprises traditionnelles.

Les entreprises de toutes tailles se mettent à embrasser cette pratique pour encourager l’innovation entrepreneurial au cœur de leur business traditionnel. Leur but étant de devenir plus adaptable et donc plus en phase avec le marché actuel.

L’origine du terme MVP (minimum viable product)

Le terme MVP vient de l’anglais Minimum Viable Product, soit Produit Minimum Viable en français. Utilisé dans des publications pour la première fois aux alentours de 2001, c’est avec Eric Ries et son livre intitulé « Lean Startup » que le concept de MVP se propage.

Dans cet ouvrage présentant un MVP comme un moyen de collecter des retours clients sur un produit très tôt dans sa conception, il en donne la définition suivante : “A Minimum Viable Product is that version of a new product which allows a team to collect the maximum amount of validated learning about customers with the least effort.”*

 

Taux de rendement d'un MVP
                                         Return-on-Risk Analysis (source)***

On retrouve donc souvent le terme de MVP en lien avec le monde des startups. Il permet en effet de définir de nouveaux produits ou services à lancer sur le marché. Cependant, un MVP n’est pas uniquement pertinent pour les nouveaux produits. Il est aussi intéressant d’utiliser cette approche dans le cadre de nouvelles fonctionnalités envisagées sur un produit ou service existant.

De plus, avec le développement du e-commerce, des Marketplaces ou encore des réseaux sociaux, le web est désormais au cœur des stratégies d’entreprise. L’approche MVP est donc activable pour une large gamme de projets portés aussi bien par la DSI que par le Marketing. Et un MVP peut aussi être mis en œuvre en dehors du contexte web (pour des logiciels ou des business model par exemple).

Les bénéfices d’une approche MVP

Le MVP est avant tout une stratégie de développement de produit. Son bénéfice principal est de construire rapidement un produit qui réponde vraiment au besoin d’un marché. Cette stratégie permet de limiter les coûts de mise en œuvre en s’appuyant sur deux axes principaux :

  • Réduire le Time To Market
  • Réduire le périmètre fonctionnel

Un MVP permet de valider rapidement des hypothèses, ce qui offre la possibilité de réorienter le produit très tôt dans sa conception. L’avantage est le faire correspondre aux attentes du marché plus rapidement. Cette réorientation est ce que l’on appelle un PIVOT dans le vocabulaire Lean Startup.

Le principal enjeu consiste à créer un premier produit qui soit suffisamment abouti pour être un réel accélérateur au lancement mais pas trop réduit afin de ne pas laisser l’opportunité à un concurrent de se positionner sur le marché.

Pourtant, cette approche ne comporte pas uniquement des bénéfices et peut présenter un risque important : le faux négatif. Il est possible de recueillir un résultat et des retours ambigus après le lancement d’un MVP si celui n’a pas été suffisamment bien pensé ou que des fonctionnalités essentielles sont manquantes.

Les bonnes pratiques de mise en œuvre d’un MVP

La première étape de la mise en œuvre d’un MVP consiste à étudier son marché et ses cibles. Les cibles représentent les clients finaux du service ou du produit. Il sera important de recueillir leur avis avec des mise en situation, des brainstormings ou encore questionnaires. Il faudra réaliser une étude d’opportunité suivie d’un cadrage stratégique plus complet. En effet, un Minimum Viable Product commence par l’identification d’un Minimum Viable Market ! A l’issu de ces réflexions, la proposition de valeur du produit ou du service doit avoir été clairement définit.

La seconde étape pour construire un MVP consiste à réfléchir à toutes les fonctionnalités que le produit ou service final devra posséder. Ensuite il s’agira de réduire la liste des fonctionnalités afin de conserver uniquement celles qui sont essentielles pour prouver l’intérêt des prospects / clients. Durant cette étape, c’est la proposition de valeur, définit en amont, qui va guider les équipes dans la sélection des fonctionnalités.

L’étape finale sera d’entrer dans la phase de développement du produit ou du service et d’activer la stratégie d’acquisition afin d’acquérir des utilisateurs supplémentaires ou bien les tous premiers utilisateurs.

 

Pour conclure, la philosophie derrière la mise en œuvre d’un MVP se résume à l’expression : “think big for the long term but small for the short term”**. Cependant, depuis quelques années, le concept de MVP est challengé par une nouvelle approche : le Minimum Loveable Product. Cette approche ne se contente plus de créer une première version d’un produit (ou service) afin de collecter le maximum de retours clients (définition d’Eric Ries), elle consiste à créer une première version afin de ramener le maximum d’amour des « early adopters ».

* Un MVP est la version d’un nouveau produit qui permet à une équipe de collecter le maximum d’enseignements validés de ses clients, et ce avec un minimum d’effort.
**Pensez grand sur le long terme mais simple sur le court terme
***Hurdle rate : taux de rendement (minimal)

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