De nombreux dirigeants d’entreprises ont mis en place une cellule de veille technologique ou concurrentielle avec pour objectif principal de répondre à la question suivante :

« Comment répertorier et analyser l’exhaustivité des informations nécessaires à la prise de décision stratégique ? »

La prise en compte de cette problématique a permis la mise en place d’organisations et de systèmes d’information dans lesquelles le « veilleur » s’applique, sur demande d’une direction ou d’un service, à :

  • identifier des sources d’informations (souvent externes à l’entreprise),
  • les scruter et les analyser,
  • en faire des documents e tdes  rapports pour transmission au demandeur.

 

Cette approche de la veille, nécessaire mais incomplète, ne permet pas d’être au plus près de l’information pertinente :

80% de l’information stratégique (concurrence, marchés potentiels, risques techniques, juridiques…) est détenue par les collaborateurs.

La veille : un concept inadapté

 

Revenons un instant sur la signification du mot veille. Ce mot pose est source de confusion.

En effet, la veille pour le profane est une action passive où l’on attend patiemment que quelque chose arrive.

Mais en réalité la veille pour l’entreprise doit être proactive. Ce qui signifie que les veilleurs doivent aller rechercher l’information et anticiper les besoins de l’entreprise.

Selon Martinet et Marti dans leur ouvrage « l’intelligence économique, les yeux et les oreilles de l’entreprise » précisent que le radar de veille est là pour observer en tout temps et sous tous azimuts.

La veille permet donc de traquer l’information utile.

Aujourd’hui nous parlons davantage d’intelligence économique que de veille pour une raison principale qui tient à la signification même du mot intelligence.

Il faut prendre ce mot au sens anglophone du terme, c’est à dire l’intelligence définie comme capacité à s’adapter à  son environnement.

 

L’échange avec les collaborateurs « Terrain » au cœur sur système

 

L’information stratégique et notamment concurrentielle est  majoritairement détenue par vos collaborateurs de terrain.

La question qu’un dirigeant serait en droit de se poser serait : « Comment faire pour obtenir cette information ? »

Mais si nous posons à nouveau la problématique dans ces termes, nous risquons de laisser de côté 2 points majeurs :

  • Le collaborateur n’a pas forcément conscience qu’il possède une information pertinente pour l’avenir de l’entreprise
  • L’information détenue possède une durée de vie qui peut être plus ou moins longue et peu évoluer dans le temps. Les notions d’interactivité et d’accélération des remontées d’information deviennent alors importantes.

Il nous faut donc poser le sujet de manière différente :

La collecte d’information ne doit pas être la première fonction d’un système de veille ou d’intelligence économique.

La première question concerne les objectifs métier visés par ce processus de veille.

Une cellule de veille n’apporte de valeur qu’au moment de la mise en place d’actions ou de prise de décision.

  • Quels sont les enjeux métier ?
  • Quelle est la situation actuelle ?
  • Qui définit les objectifs ?
  • Quel est  le bon mode de diffusion d’information pour une prise de décision

 

Il est donc important d’organiser le processus de veille au regard des objectifs métier :

 

 

Une fois l’organisation en place, la cellule de veille peut  alors se concentrer sur la collecte d’information.

L’objectif d’un veilleur est de recueillir une information pertinente, fiable et « fraîche ».

De nombreuses solutions techniques du marché permettent une recherche des signaux sur Internet, des bases d’articles ou de brevets.

La remontée d’information terrain, quant à elle, peut prendre  plusieurs formes :

  •  simple formulaire web de saisie,
  • application smartphone de saisie d’information (nomadisme)
  • microblogging…

Afin de fidéliser les contributeurs et maintenir une dynamique à long terme, la mise en place d’un réseau social peut être une piste intéressante.

 

Pourquoi le réseau social d’entreprise est un vecteur d’information pertinent.

 

Le réseau social d’entreprise peut devenir un mode d’échange d’information et de mobilisation communautaire.

Les collaborateurs  peuvent déposer simplement de l’information, la voir publiée instantanément et  interagir  avec ses pairs ou  sur des contenus produits par son réseau.

 

Les apports pour les contributeurs « terrain » sont les suivants :

  • Bénéficier d’information en temps réel  et utilisables (exemple : l’information sur le contexte financier d’un concurrent  est pertinente pour un commercial)
  • Interaction rapide (commentaire, notification, alertes)
  • Sentiment d’appartenance (valorisation de ses propres contributions par ses pairs, évaluation de contenus produits par d’autres collaborateurs)

 

Pour le responsable de la veille, les avantages relatifs à la mise en place d’un réseau social sont les suivants :

  • Une information sûre (il est rare qu’un collaborateur d’une entreprise publie des informations erronées)
  • Un enrichissement des contenus : par les commentaires, les interactions au sein du réseau, l’information peut prendre plus de poids/consistance/importance
  • Un couplage information interne et externe permettant de conforter une vision/un plan d’actions

 

En Conclusion

 

De nombreuses sociétés ont abordé la mise en place et l’organisation du système de veille sous l’ angle de l’analyse d’information et de signaux faibles issus de sources externes. Cette approche est nécessaire mais incomplète.

La prise en compte de la dimension interne au travers du réseau social offre de nombreux avantages pour le veilleur comme pour le collaborateur.

Ce mode d’interaction permet :

  • de renforcer le sentiment d’appartenance,
  • une remontée d’information instantanée,
  • une détection plus rapide des pistes de développement
  • une meilleure détection des risques (internes ou externes)

 

Au delà d’une démarche structurée, sa mise en place nécessite un accompagnement des collaborateurs et dirigeants pour lever les craintes liées à la contribution (est- ce- que je dois faire valider mon contenu par mon N+1 ? Que va penser le directeur de ce poste ? Est- ce que j’ai le droit de commenter un contenu produit par mon responsable hiérarchique ?…)

 

 

 

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