Aujourd’hui, ce qui handicape vraiment les organisations et freine leur évolution vers le “tout-numérique”, ce n’est pas seulement le manque d’applications, mais aussi le manque d’échanges de ces dernières entre elles… Rien ne sert de mettre en place de belles interfaces mobiles si ces dernières ne peuvent échanger avec le système d’information existant de façon fluide et en temps réel.

C’est le problème bien connu du middleware qui s’est manifesté dès les débuts de l’informatique client-serveur et dont l’importance n’a cessé de croitre depuis.

Au début des années 2000, on a vu apparaitre des initiatives (SOAP et REST) afin de connecter les sites web entre eux, une sorte de middleware de l’Internet. Mais, hélas, ces protocoles sont restés relativement peu utilisés, car ces standards ont souffert des maux habituels des middlewares immatures : pas assez faciles à utiliser et pas assez supportés par les éditeurs.

Mais là où la démarche traditionnelle n’a donné que de résultats médiocres, l’inventivité des start-up et leur créativité ont donné des merveilles !

Zapier, le middleware des applications Web !

Zapier est le parfait exemple du middleware du Web qu’on attendait depuis des années. Zapier vous offre la “colle” nécessaire entre des applications différentes qui, normalement, ne communiquent pas entre elles. Et, cerise sur le gâteau, c’est super facile à utiliser (no code) !

Pas de besoin d’être un administrateur système ou un développeur pour créer un “zap”, le faire fonctionner et obtenir rapidement des résultats inédits.


Un exemple : vous collectez des paiements grâce à PayPal et vous gardez traces de vos ventes avec une feuille de calcul Google Sheets tout en dispatchant le travail de livraison à vos collaborateurs par email. Mais, hélas, les deux tâches résultantes du paiement PayPal étaient traitées manuellement… Jusqu’à ce que vous découvriez Zapier. Zapier oeuvre comme un déclencheur : si “nom de l’événement” (comme un paiement PayPal), alors déclencher “nom de la tâche N°1” (saisie dans Google Sheets) et “nom de la tâche N°2” (envoi de message pour assurer la livraison). Cet exemple met en oeuvre une cascade simple d’un événement discret et de deux tâches distinctes (et déclencher plus que deux tâches en conséquence de l’événement est également possible).

Zapier a démarré modestement en 2011 (avec seulement une quarantaine d’applications interfacées) mais n’arrête pas de croitre depuis. L’intérêt de Zapier, en plus de son incroyable facilité d’usage, c’est justement sa couverture : plus de mille différents sites Web sont désormais compatibles avec ce service… Et cette couverture ne se limite pas aux applications Google (Gmail, Gdocs, etc.) et quelques vedettes du Web actuel comme Slack, Evernote ou Facebook; vous pouvez aussi adresser les CRM de Salesforce et de Microsoft ainsi que des environnements de développement “Low-code” comme QuickBase ou Knack (entre autres). Et ce portefeuille évolue en permanence : chaque semaine, Zapier annonce une dizaine de nouveaux “connecteurs” disponibles (ainsi que des mises à jour des connecteurs existants qui élargissent les possibilités).

De plus, Zapier offre aussi des moyens relativement simples pour interfacer votre application avec son service. Tel qu’il existe, ce service peut vous offrir un grand potentiel d’automatisation entre les applications qu’emploient déjà vos utilisateurs.

Mais si vous trouvez Zapier “trop simple”, il existe des alternatives plus musclées (et donc aussi forcément un peu plus complexes) comme Tray.io.

Un étage au-dessus de Zapier : Tray.io

Tray.io diffère de Zapier dans sa capacité à offrir du conditionnel. Le déclenchement d’un connecteur peut être filtré selon le type d’événement et donc proposer différents déroulements.

Tray.io repose sur REST ce qui lui permet de vous offrir facilement un “connector” pour vos applications si vous utilisez déjà ce standard.

Si Zapier cible tout le monde, Tray.io semble plus destiné aux entreprises qui vont avoir un niveau d’exigences plus élevé. Cependant, je pense que les deux services (plus ceux à venir dans la même veine, comme Workato.com) peuvent vous être utiles dans le cadre de votre “transformation digitale”. Car quoi de plus frustrant que d’avoir des données isolées dans des applications web et de ne pouvoir les relier entres elles ?

Quoi de plus ridicule (et inefficace car les erreurs abondent) qu’être obligé à des resaisies manuelles parce que l’application A ignore même l’existence de l’application B ?

Et ces situations sont communes car les applications Web que nous utilisons tous sont souvent des “silos” de données isolées les unes des autres. Bien entendu, ajouter de la communication entre vos applications et l’automatisation de vos processus n’est pas aussi spectaculaire que de développer une nouvelle application à partir de zéro et dans un domaine innovant mais, soyons honnête, voulez-vous faire du spectaculaire ou être efficace ?

Débloquer cet isolement fera bien plus pour votre évolution digitale que toutes autres initiatives sans doute plus à la mode mais aucune ne recèle un tel potentiel inexploité et pourtant à notre portée désormais.

Un vrai mouvement en cours

Cette arrivée des milldewares “no code” est vraiment significative. Le fait qu’elle coïncide avec la montée en puissance des environnements de développement Low-code, n’est pas un hasard, c’est une confirmation d’un mouvement de fond : la facilité d’usage se glisse enfin du côté des développeurs !

Alors que le besoin de s’adapter à la vague du tout-numérique commence à produire ses effets dans tous les secteurs, la nécessité de disposer d’outils adaptés se fait sentir de plus en plus clairement. Avec des environnements faciles à mettre en oeuvre, on développe plus vite, on corrige plus vite, on s’adapte plus vite. Middlewares no-code et outils de développement Low-code représente la nouvelle combinaison qui va faire des ravages en matière de projet informatique. Vous ne pouvez y rester indifférent.

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