Comment traiter à moindres coûts les demandes d’informatisation tout en produisant des résultats propres à soutenir la prise de décision en matière d’investissement IT ? Et s’il suffisait d’aligner le niveau d’effort sur le niveau de risque relatif au choix de la solution à déployer ?

On ne compte plus les études faisant état des problèmes auxquels sont confrontés les départements IT durant les étapes de définition des projets informatiques. Les deux principaux écueils sont connus et interdépendants : définir le périmètre des développements, et identifier une solution informatique optimale au regard des besoins exprimés et des contraintes de mise en œuvre. Mais pour atteindre ce double objectif, il faut que le processus qui instruit les demandes métiers soit performant. Or généralement, il apparaît comme étant surdimensionné pour un traitement rapide des cas les plus simples et les plus nombreux (les demandes de maintenance évolutive), et pas suffisamment robuste pour adresser des besoins plus complexes (les demandes aboutissant à des projets de refonte).

L’approche bimodale…

Une réponse au problème posé, et déjà expérimentée par certaines entreprises, consiste à mettre en place une approche « bimodale » qui tienne compte des niveaux de risques induits par la demande. Elle se résume à trois étapes clés et permet de concilier les objectifs de résultat et d’efficience :
« Identifier la solution via une pré-étude rapide et peu coûteuse »,
« Procéder à une estimation des risques concernant l’orientation et l’étendue de la solution à implémenter »,
« Au besoin, investir dans une étude complémentaire afin de sécuriser de la choix de la solution retenue».

Dans un tel dispositif, la pré-étude et l’étude complémentaire répondent aux mêmes finalités : permettre au métier d’exprimer son besoin, puis demander à l’IT de se positionner vis-à-vis de la solution à déployer. Toutes deux ont vocation à établir une vision claire et partagée des enjeux métiers et de leur déclinaison informatique. Les questions traitées sont les mêmes. Les différences portent essentiellement sur la profondeur et la rigueur de l’analyse menée durant chacune de ces deux études.

L’approche « bimodale » pour le traitement des demandes concilie les objectifs de résultat et d’efficience

En revanche, la réalisation de l’étude complémentaire n’est pas automatique. Elle dépend des niveaux de risques évalués en sortie de pré-étude. Des niveaux élevés signifient que les résultats produits par la pré-étude ne suffisent pas à entériner le choix de la solution proposée. Ils correspondent en règle générale à des demandes complexes ayant des ramifications et des implications importantes à l’échelle du SI. Dans de telles situations, un examen plus approfondi est tout à fait justifié. Et les moyens nécessaires à sa réalisation doivent pouvoir être mobilisés sans peine.

…permet d’adapter l’effort aux niveaux de risques

Trop souvent, les travaux consistant à définir le périmètre et les modalités d’implémentation des projets de transformation IT peinent à produire des résultats réellement exploitables en raison de la diversité des situations rencontrées et du manque chronique de moyens pour mener à bien les études préalables. L’approche « bimodale » permet d’adapter l’effort d’analyse en fonction des risques relatifs à la nature et la portée de la solution. Elle sécurise la phase de définition des projets de transformation tout en limitant les coûts engendrés par l’étude de faisabilité. Les référentiels méthodologiques devraient insister davantage sur l’importance d’un tel mécanisme en tant que facteur clé de succès des développements informatiques.

Article également publié dans ICTjournal, octobre 2015.

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